Ce style artistique apparu en France au début des années 1920, en réaction contre l’Art nouveau auquel on reprocha d’être un « fantaisie passagère » tendant à gagner tous les secteurs de la création industrielle en négligeant d’adapter ses normes esthétiques aux exigences fonctionnelles.

Le style art déco s’affirma par l’emploi de volumes simples et de surfaces planes, inspiré des recherches géométriques des avant-gardes cubistes, futuristes et constructivistes.

En France, la consécration d’un certain « Art de vivre » lié à la modernité favorisa cette interpénétration de l’art et de l’artisanat. Ainsi deux tendances se développèrent : la première, préservant la tradition et réservée à une élite, combina les formes de l’art moderne aux matériaux les plus divers et souvent luxueux. La seconde, orientée vers un plus vaste public, suivit les voies des avant-gardes, notamment celles qui furent ouvertes en Allemagne par les industriels et artistes du Werkbund et par le Bauhaus de Walter Gropius à Weimar, et celles des artistes regroupés autour de Piet Mondrian. De grandes réalisations furent entreprises dans des domaines très divers : dans la décoration intérieure notamment (paquebot Normandie, immeuble du Bon Marché et cinéma Rex à Paris), mais également dans le mobilier – où l’on remarqua un retour aux placages de bois précieux, aux marqueteries, aux jeux de moulures et de spirales et à l’ornementation simplifiée (Herbst Iribe, Jourdain, Groult, Ruhlmann)-, dans l’orfèvrerie (Puiforcat), dans la verrerie (Lalique, Daum, Baccarat), dans la mode (Poiret, Sonia Delaunay), dans l’art de l’affiche (Colin, cassandre), dans la reliure (Legrain), dans la peinture (Boulet de Montval) ou dans l’illustration (Marty). La recherche d’un fonctionnalisme et la simplicité inhérente à ce style orienta par ailleurs la production industrielle vers des articles moins sophistiqués (accessoires de mode, art de la table, arts ménagers).